Lundi 25 mars, six vice-président·es de l'UPEC ont annoncé leur démission collective dans un courrier adressé aux élu·es des conseils centraux et aux directeurs et directrices de composantes et de laboratoires, qu'ils ont également communiqué à la presse.
Parmi elles et eux, figurent des membres de l'équipe Dubois-Randé de la première heure et/ou occupant jusqu’à lundi dernier les postes les plus stratégiques de notre université : Simon Gilbert, vice-président du Conseil d'administration depuis 2023, vice-président depuis 2018 ; Mustapha Zidi, vice-président «Dynamique Formation et Recherche» et du Conseil académique restreint, vice-président depuis 2018 ; Florence Allard-Poesi, vice-présidente de la Commission de la Recherche depuis 2022 ; Emmanuelle Dubocage, vice-présidente aux «Affaires financières» depuis 2023 ; Lynda Mokdad, vice-présidente «Politique doctorale» depuis 2022 ; et Amine Nait-Ali, vice-président «Valorisation de la recherche et innovation» depuis 2023.
Ce sont des membres de poids au sein de l'équipe qui partent, des membres qui connaissent donc parfaitement la situation inquiétante de l'UPEC ; pire, qui en sont pour certains responsables, au même titre que le président qu’ils lâchent. Leur lettre de démission mélange des reproches variés : un exercice solitaire du pouvoir, des projets à l'intérêt douteux (comme celui de transformer l'UPEC en un Établissement public expérimental, perdant ainsi le statut d'université, afin que le président puisse briguer un 3e mandat), le projet de quitter la COMUE, la gestion du programme Erasme et la situation financière de l'université.
Nous pouvons partager les reproches adressés au président, au sujet desquels nos organisations syndicales et nos élus n’ont cessé d’alerter la communauté universitaire, en manifestant constamment notre attachement aussi bien à la collégialité qu'au statut d'université de l'UPEC. Nous ne sommes néanmoins pas dupes de la manœuvre consistant à s’exonérer à bon compte de la responsabilité collective du bilan catastrophique dont ces vice-présidents sont eux aussi comptables : tout cela était déjà visible avant la réélection de Jean-Luc Dubois-Randé en 2022. Comment comprendre qu'ils dénoncent soudainement une pratique du pouvoir qu’ils ont contribué à mettre en œuvre et des décisions présidentielles qu'ils ont soutenues et parfois imposées sans discussion dans les conseils centraux de l'UPEC et dans les différentes commissions ? L'opacité, le manque de concertation voire le mépris ont constitué un mode de fonctionnement que les VP démissionnaires n'ont jamais remis en cause.
Ce coup de théâtre intervient alors que la situation de l'université est réellement grave : le déficit aurait atteint 15 millions d'euros en résultat patrimonial, en 2023, si nos actions et notre détermination n'avaient contribué à ce que le ministère accorde six millions d'euros supplémentaires à l'université. Le plan de rétablissement de l'équilibre financier, élaboré par le président et son équipe – au premier rang desquels deux démissionnaires, Simon Gilbert et Emmanuelle Dubocage – sans être adressé à la communauté universitaire ni même aux élus des conseils, a été refusé par le rectorat. Après un gel très inéquitable de la campagne d'emplois en 2023, et encore plus grave en 2024, les prochaines années verront sûrement d'autres suppressions de postes et des restructurations toujours plus brutales.
À présent, dans l'équipe présidentielle les clans se déchirent, certain·es ne souhaitant pas avoir à assumer les conséquences de la politique qui a conduit l'UPEC dans l'extrême difficulté actuelle et préférant partir alors que les personnels de l'UPEC doivent subir les conséquences de la politique aussi bien de l'équipe présidentielle que du gouvernement.
Notre université mérite mieux que ces jeux. Discutons, en Assemblée générale, des véritables enjeux !
L'Assemblée générale aura lieu en hybride le 2 avril de 12h30 à 14h en salle salle I1-207 et https://u-pec-fr.zoom.us/j/96836179012
Intersyndicale du personnel de l'UPEC : SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, CGT Ferc Sup, SGEN-CFDT, FO ESR, SUD Éducation, SNALC