L'université a été en déficit deux années consécutives, et a déjà eu à subir des restrictions de tout type de postes, qui se sont traduites de manière inédite en 2023 et 2024 par deux gels partiels des postes d’enseignant·es et enseignant·es-chercheur·ses. La situation est donc critique pour toute la communauté et va sans doute nécessiter encore des mesures difficiles.

Nous ne connaissons de plus pas encore l'impact de nouvelles mesures: plus de 100 millions d'euros affectés aux formations supérieures et à la recherche universitaire au budget 2024 ont été annulés depuis le 21 février ; le budget alloué par la région Île-de-France à la mobilité étudiante est passé en un an de 3 millions d'euros à seulement 600 000 euros. Cela aura forcément un impact sur notre université. Elle a par ailleurs énormément développé ses « ressources propres », ce qui se fait de manière inégalitaire entre composantes et met l'université à la merci d'un retournement si certains dispositifs comme l'apprentissage venaient à être diminués.

C'est dans ce cadre que, au titre de l'article R. 719-109 du code de l'éducation, le président doit établir un « plan de rétablissement de l'équilibre financier » (PREF), auquel devront se conformer tous les prochains budgets jusqu'à l'équilibre : le rectorat a la possibilité d'arrêter lui-même le budget s'il estime que celui voté par l'université n'est pas conforme au PREF.

C'est donc un document essentiel, qui présente les grandes orientations que l’établissement a choisies pour s'auto-administrer une cure d'austérité. Un document structurant de long terme, qui va lier les mains des présidences futures pour plusieurs années. Un document de dupe, enfin, puisque le déficit de l'université est en partie lié à l'absence de compensation de mesures décidées par l'État — qui pourrait donc facilement aggraver ou faire durer le déficit.

Ce plan, qui va déterminer pendant des années la politique de l'université en matière de recrutement ou de développement de ressources propres et qui va diminuer encore sa capacité de s'auto-gouverner a-t-il été débattu ? Quels diagnostics, quelles informations délivrées au cours de quelles réunions publiques ? Les conseils centraux, les composantes, les services ont-ils pu examiner ce PREF ?

Non. Le 15 février, il a été transmis au rectorat de région académique, pour avis conforme. Le 15 mars, les membres du Conseil d'administration devront le voter, sans aucune possibilité d’en débattre ou de l'amender.

Alors que la trajectoire financière de l'université est très clairement visible depuis plusieurs années, et à tout le moins depuis le premier gel de postes décidé en 2022, l'élaboration dans l'urgence du plan de rétablissement de l'équilibre financier, y compris de son volet diagnostic hautement stratégique, a donc tenu à l'écart la communauté et ses élus. Une telle opacité n'est pas rassurante quant aux choix opérés, et n’est surtout pas à la hauteur de la démocratie universitaire.

« Fermer l’université une semaine en février, ouvrir l’UPEC à l’événementiel, augmenter le montant et le nombre de contrats de recherche, renforcer l’apprentissage »… Voici quelques exemples, parmi une quarantaine de rubriques, de mesures d’économies non chiffrées dont la présidence a daigné donner un avant-goût sur un diaporama projeté lors du Conseil d’administration de février.

Pour en savoir plus, nous vous convions, le 12 mars à 12h (salle à venir), à une réunion d'information sur le plan de rétablissement de l'équilibre financier, avant son vote en Conseil d'administration.

L'intersyndicale CGT, FSU et Sud Éducation