Mais, la réussite de la réforme, qui nécessite notamment la constitution d’un vivier de candidat·es bien formés, ne passe pas seulement par la place du concours en fin de licence : elle dépend aussi de la formation assurée en amont aux futurs candidat·es. Ceci est particulièrement vrai pour les futurs professeur·es des écoles qui doivent enseigner toutes les disciplines scolaires : dans le futur master M2E, le volume horaire consacré à la formation disciplinaire et didactique sera nettement inférieur à celui du master MEEF1 actuel.  Comment feront, pour se former en si peu d’heures à un enseignement polyvalent, les EFS issus d’une licence mono ou bi-disciplinaire et qui n’auront qu’un souvenir parfois lointain des autres disciplines qu’elles et ils auront à enseigner ? Or les élèves de l’académie de Créteil ont besoin d’enseignant·es très bien formés dans tous les domaines pour les aider à accéder au savoir. 

C’est pour cela qu’a été conçue la licence de préparation au professorat des écoles (LPE) qui prévoit une formation pluridisciplinaire assez conséquente et un début de formation transversale et de professionnalisation. Encore faut-il que cette licence recrute un nombre suffisant d’étudiant·es. À cet égard l’objectif ministériel visant à ce que 50% des futurs lauréat·es au concours 1er degré (CERPE) soient issus de cette licence paraît un minimum. 

Mais, dans l’académie de Créteil, cet objectif sera-t-il atteint ? Les chiffres actuels permettent d’en douter : 455 étudiant·es seront en effet admis l’an prochain dans les licences LPE qui seront ouvertes dans l’académique de Créteil : 210 à l’INSPE de Créteil et 245 autres par d’autres universités de l’académie, pour environ 870 places au concours externe actuellement. Ainsi, pour atteindre l’objectif gouvernemental, il faudrait que 96% des étudiant·es entrant en septembre dans la LPE réussissent dans les 3 ans leur licence et dans la foulée le concours ! C’est irréaliste : il manque donc aujourd’hui des places dans la licence LPE.

Par ailleurs, cette licence n’est pas une licence disciplinaire ordinaire : comme on l’a écrit, les étudiant·es y travailleront des disciplines dans lesquelles ils sont parfois fragiles, voir même qui les rebutent. C'est bien la vocation et la spécificité des formateurs de l’INSPE de d'effectuer ce type d'enseignement.[1]

L’augmentation du nombre de places dans la LPE – en particulier à l'INSPE de l'académie de Créteil - est nécessaire pour, au minimum, atteindre l’objectif affiché par les pouvoirs publics dans la constitution d’un vivier suffisant de candidat·es au CERPE. 

Cette exigence est celle d’une université soucieuse de sa mission de service public, de la réussite des élèves de notre territoire et de la réussite des étudiants de ce même territoire  (mesure 12 : « donner la priorité à la réussite étudiante plutôt qu'à la sélection »).

Note(s)

  1. ^ Suivant nos dernières informations, les universités partenaires peinent à mobiliser leurs enseignants chercheurs sur cette licence, là où son ouverture est prévue.