Vendredi matin, un article publié sur le site de Libération, intitulé « Le mécénat de Thales à l’université de Créteil provoque un tollé sans précédent » (en pièce-jointe), relate comment un mécène de la Fondation UPEC utiliserait des financements pour faire promouvoir une enseignante-chercheuse.

https://www.liberation.fr/societe/education/le-mecenat-de-thales-a-luniversite-de-creteil-provoque-un-tolle-sans-precedent-20250306_6JXGUHBJ5NGSXLC4JGMQPFMTY4/

L'entreprise d'électronique militaire Thales intègre en 2021 le cercle des mécènes de la Fondation UPEC pour financer la « chaire handicap, emploi et santé au travail », créée pour l'occasion, et financée à hauteur de 840 000€, intégralement sur mécénat. Cette chaire est occupée par une enseignante-chercheuse de l'UFR de santé qui, après avoir été chargée de mission handicap à partir de juillet 2020, a été nommée vice-présidente de l'université en septembre 2024.

L'article affirme, en citant divers courriers électroniques, que Thales aurait exigé du président de l'UPEC d'accélérer la carrière de l'enseignante-chercheuse en créant un poste de professeur des universités qui lui serait destiné, et conditionnerait la poursuite de son mécénat à ces faveurs.

Pendant les campagnes d'emploi de 2023 et 2024, la présidence a effectivement proposé d'ouvrir un poste de professeur des universités en section 91 (sciences de la rééducation et de réadaptation). En 2023, le comité de sélection créé pour le poste a décidé de n'auditionner aucun·e candidat·e, rendant le concours infructueux. L'année suivante, le Conseil académique restreint a, le 27 mai 2024, refusé de valider le comité de sélection nouvellement proposé pour le poste, pressentant qu'il était taillé sur mesure.

Si le président, ou tout autre membre de l'université, a effectivement manœuvré dans le sens décrit par l'article de Libération d'un traitement de faveur, c'est gravissime : c'est une atteinte aussi bien au service public (qui doit recruter ses agents selon leurs mérites) qu'à l'université (dont le fonctionnement interne ne doit pas être régulé par des acteurs économiques). Sans même se prononcer sur le bien-fondé de faire appel au mécénat, nous exigeons que le président s'explique au plus vite.

Lors du Conseil d'administration du vendredi 7 mars, le président s'est enfermé dans des formules vagues, refusant d'apporter la moindre explication. De même, il a refusé de venir échanger avec les membres du Conseil académique restreint du lundi 10 mars, alors qu'il avait été expressément invité à le faire.

Si le président persiste dans son refus d'expliquer la situation devant la communauté universitaire, nous demanderons au ministre de l'enseignement supérieur d'engager une procédure disciplinaire. Toute la lumière doit être faite sur une affaire qui nuit gravement à l'UPEC, et abîme sa réputation.

C'est à chacun·e de contribuer à la manifestation de la vérité — une université est un système collégial où ce genre de pratiques ne peut exister et perdurer que par le soutien ou l'inaction de ceux et celles qui en ont connaissance.

Les 18 élu·es des listes «Union pour l'UPEC : université publique, éthique et collégiale» aux conseils centraux, et les sections CGT Ferc Sup, FO ESR, SNESUP-FSU, Sud Éducation de l'UPEC.