Cette chronologie des président·es de l'UPEC montre que notre université a connu, de manière informelle mais réelle, une forme d’alternance entre les grandes disciplines dans l’accès à la présidence. Depuis quinze ans, cet équilibre semble pourtant avoir disparu au profit des médecins, à l'exception — quelle générosité ! — du mandat très court d'un an de Karine Bergès. Et voici donc qu'un nouveau médecin, Pierre Wolkenstein, se présente en 2026...
Ne serait-il pas légitime qu’une université reflète davantage la diversité de ses disciplines dans ses plus hautes responsabilités ? Peut-on véritablement parler de gouvernance collégiale et représentative lorsque une composante disciplinaire accède régulièrement et continûment depuis plus de 4 mandatures à la présidence tandis que d’autres en demeurent durablement éloignées ?
Dans une université pluridisciplinaire, la richesse scientifique repose précisément sur la complémentarité des cultures académiques, des méthodes et des approches. Dès lors, ne serait-il pas naturel d’instaurer un principe d’alternance concernant la discipline d’origine de la présidence de l’université, afin que chaque grand secteur scientifique puisse, à tour de rôle, contribuer à porter une vision stratégique de l’établissement ?
Une telle alternance ne constituerait pas une logique de partage symbolique du pouvoir, mais bien une manière de reconnaître l’égale légitimité des différentes communautés universitaires dans la construction du projet collectif. Elle permettrait également d’éviter les effets de concentration, de renforcer le sentiment de représentation au sein de l’établissement et de favoriser une meilleure prise en compte de la diversité des enjeux scientifiques, pédagogiques et institutionnels propres à chaque domaine.
Comment construire une université véritablement collective si certaines sensibilités disciplinaires ont le sentiment de ne jamais pouvoir accéder à ses plus hautes responsabilités ? Et comment renforcer l’adhésion à un projet commun sans garantir à chacun la possibilité de se reconnaître dans celles et ceux qui incarnent l’institution ?