Chères et chers collègues, 

Nous pouvons enfin nous adresser à vous après une phase électorale qui a limité toute communication à trois messages électoraux par organisation syndicale. Nous félicitons les nouvelles et nouveaux élu·es au Comité social d'administration et comptons sur elles et eux pour porter l'intérêt général de l'UPEC et de ses personnels, d'autant que les sujets sont nombreux et que les discours de la présidence ne reflètent pas ses actes. 

Campagne d'emplois 2023 : des gels de postes qui renforcent les déséquilibres premier cycle/master-doctorat.

La campagne d'emplois présentée par la présidence a reçu un vote défavorable à l'unanimité du Comité technique le 18 novembre 2022. En effet, la présidence souhaite geler 11 postes d'enseignants-chercheurs et de chercheurs. Cela concerne notamment des postes de professeurs, qui assurent un encadrement doctoral dans des domaines où l'UPEC a toujours attiré un grand nombre de doctorants, et des domaines qui correspondent aux axes stratégiques de l'UPEC. C'est tout à fait contradictoire avec les annonces de la présidence concernant son supposé soutien à la recherche et aux axes stratégiques. En revanche, la présidence continue de créer des postes qui vont encadrer le premier cycle universitaire. C'est continuer de pousser l'UPEC sur la voie du collège universitaire. Stratégiquement, comme nous l'avons toujours énoncé, il faudrait surtout rééquilibrer les forces d'encadrement en formation et en recherche au niveau du master et du doctorat et certainement pas les affaiblir. 

Plusieurs départements ont voté des motions dénonçant ces choix qui ont fortement — et désagréablement —surpris. Six directeurs de composante ont écrit une lettre à la présidence pour lui demander de revoir cette campagne.  Malgré les argumentations étayées et la mobilisation de nombreux personnels de l'UPEC, le report de la campagne d'emplois du CA du 25 novembre à celui du 16 décembre 2022 ne s'est accompagné d'aucune modification. 

La présidence persévère dans ses erreurs de stratégie. Elle organise donc le gel de 8 postes d'enseignant-chercheur, notamment en LLSH : 1 seul poste de professeur des universités sur 4 supports disponibles sera publié. Comment la présidence peut-elle prétendre que le projet stratégique de l'UPEC concerne à la fois les sciences expérimentales et les sciences humaines et sociales ? Ses choix sont clairs, et interrogée en conseil sur la faible transparence la présidence déclare : «le contexte électoral [de juin dernier] ne permettait pas d'afficher les choses» 

Ce « pilotage » s'opère sans aucune concertation, ce que vient confirmer l'échange ubuesque qui a eu lieu ce matin en conseil d'administration entre un élu et le vice-président du conseil. En substance : 

« Je souhaiterais que l'on entende la directrice de l'UFR LLSH sur les conséquences du gel de 3 postes de PR. — Non. — Pourquoi les doyens sont-ils donc invités à participer au conseil d'administration ? — C'est la démocratie. » 

Une situation budgétaire inquiétante : où est l'UPEC et l'intérêt général ?

La situation financière et budgétaire de l'UPEC, historiquement saine et solide, est aussi très inquiétante : les déficits se creusent nettement. Alors que le code de l'éducation fait obligation aux universités de présenter un budget initial à l'équilibre, l'UPEC présente un budget en déficit initial de 7,2 millions d'euros. 

Cette situation laisse de sérieux doutes quant au fait qu'elle ne reflèterait que la hausse du point d'indice des fonctionnaires et du coût du chauffage (que le ministère a annoncé compenser en 2023). Autre point d'alerte et d'inquiétude, pour lequel il n'y aura pas de compensation ministérielle : l'effondrement du niveau du fonds de roulement de l'UPEC, la réserve qui lui permet d'autofinancer ses opérations, notamment immobilières. Il a évolué comme suit, si l'on compare à date les données des budgets initiaux :

  • 2020 : 17,1 M € soit 25 jours de fonctionnement de l'établissement ;
  •  2021 : 17,9 M € soit 26 jours de fonctionnement ;
  • 2022 : 15,2 M € soit 20,3 jours de fonctionnement ;
  • 2023 : 6,6 M € soit seulement 8 jours de fonctionnement, bien inférieurs au seuil prudentiel national de 15 jours.

Il est même précisé que, déduction faite des sommes déjà engagées sur ce fonds de roulement, le « fonds de roulement disponible » est négatif, à - 4,5 M €. C'est-à-dire qu'il manque 4,5 millions d'euros pour pouvoir concrétiser les investissements déjà engagés. La trésorerie est encore positive: c'est comme s'il restait encore de l'argent dans le porte-monnaie de l'UPEC, mais que son compte en banque était dans le rouge. 

L'UPEC dans son ensemble s'enfonce dans les difficultés financières et budgétaires alors même que certaines composantes renforcent leurs capacités à lever des ressources propres et bénéficient de création d'emplois. D'autres composantes, qui n'ont pas les mêmes capacités à lever des ressources propres, sont directement affectées par la dégradation de la situation financière de l'UPEC : elles n'ont pas de budget suffisant pour fonctionner et voient des postes stratégiques gelés. Les inégalités s'accroissent au sein de l'UPEC créant une situation de tension inédite. Y aura-t-il des « gagnants » et des « perdants » ? Nous pensons que si certaines composantes sont affaiblies par la politique de la présidence, alors que d'autres sont manifestement soutenues, c'est toute l'UPEC qui en pâtira. Quel pourra bien être le rayonnement et la crédibilité de l'UPEC comme université de formation et de recherche si des domaines d'excellence de la formation et de la recherche sont ainsi affaiblis ? 

Plutôt que d'effectuer des choix brutaux et peu inspirés, la situation aurait nécessité des choix stratégiques et réellement concertés. La situation de crise (organisée ?) de l'UPEC qui s'installe, malgré les alertes, sera sans doute utilisée comme justification pour des restructurations. Des réorganisations sont en effet à envisager, mais dans quel sens ? Au bénéfice de l'intérêt général, d'une vision ambitieuse et fédératrice pour l'UPEC, ou de quelques-uns ?  Il est selon nous urgent de défendre l'intérêt commun d'un établissement pluridisciplinaire de formation et de recherche et les valeurs du service public. Le développement du potentiel de formation et de recherche de l'UPEC, ainsi que sa capacité à dégager des marges de manœuvre, doivent être guidés par l'intérêt général, ce qui implique une méthode de concertation collective véritable, respectueuse des avis des conseils et des différentes instances de l'UPEC.  Au-delà de cette campagne d'emploi d'enseignants-chercheurs, la présidence a décidé sans
concertation ni solution de rechange de fermer les cuisines de deux des sites de l'UPEC et persiste à vouloir concentrer les bonifications indemnitaires sur le moins de personnels possibles : encore des illustrations du choix de la concentration des moyens et de l'absence de stratégie. 

Forts de l'attachement à notre université, de l'esprit de solidarité qui y est partagé et de notre engagement pour la défense de l'intérêt général, nous vous souhaitons, chères et chers collègues, de passer de bonnes fêtes de Noël et de fin d'année.