Récit sur le traitement des violences sexuelles et sexistes (VSS) à l'UPEC : comment le silence pèse.
Chroniques de l'UPEC
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L’UPEC face à l’externalisation (2010-2026) : une université qui achète désormais ses propres capacités
À partir des annonces de marchés publics publiées par l’UPEC au Bulletin officiel des annonces de marchés publics — qui concerne donc les marchés publics les plus importants passés par l'UPEC —, on voit se dessiner, sur la période 2010-2026, une évolution frappante : l’université externalise de plus en plus des fonctions qui relèvent non plus seulement de prestations techniques ponctuelles, mais du cœur même de son fonctionnement administratif et stratégique.
Qu’une université achète des prestations de nettoyage, de sécurité, des logiciels ou certains services techniques spécialisés n’a aujourd’hui rien d’inhabituel, même si cela n'a pas toujours été le cas et qu'on devrait en faire un sujet de discussion. Mais ce qui frappe dans le cas de l’UPEC, c’est l’évolution progressive de la nature des marchés passés.
La diversité disciplinaire à la présidence de l'UPEC
71 : Premières élections à l'UPEC. Jean-Louis Beaumont, médecin, est élu.
2026 : Pierre Wolkenstein, médecin, se présente.
Une année de procès à l'UPEC : chronique contentieuse d'un service public dégradé
Entre mai 2025 et mai 2026, plusieurs décisions de justice concernant l’UPEC ont été rendues par le tribunal administratif de Melun et le Conseil d’État. Prises isolément, chacune pourrait être regardée comme un litige ponctuel parmi les milliers de situations administratives qu’une grande université doit gérer chaque année. Mais leur accumulation, leur proximité temporelle et surtout leur cohérence d’ensemble racontent autre chose.
Ces affaires révèlent des dysfonctionnements importants au sein de l'établissement, en termes de respect des droits des personnels — en particulier contractuels —, de qualité des procédures internes et de fonctionnement collégial des instances.
Il serait évidemment trop simple d’y voir la seule responsabilité des dernières présidences de l’université. Comme dans d’autres secteurs du service public — et notamment à l’hôpital — ces dysfonctionnements s’inscrivent dans un contexte plus large : sous-financement chronique de l’enseignement supérieur, multiplication des appels à projets au détriment des financements pérennes, gestion sous contrainte permanente, surcharge des services, précarisation des personnels... Les services administratifs universitaires apparaissent aujourd’hui largement exsangues, souvent placés dans l’impossibilité matérielle d’assurer correctement leurs missions ordinaires.
Mais si les présidences d’université ne sont pas à l’origine de cette situation, elles contribuent directement à l’aggraver lorsqu’elles choisissent de l’accompagner plutôt que de lui résister : ce sont bien des choix locaux qui font que les procédures deviennent de simples formalités, que les instances collégiales sont réduites à enregistrer des décisions déjà prises ou que les droits les plus élémentaires doivent être obtenus sous contrainte contentieuse. Bref, plutôt que de multiplier les dispositifs d’excellence, les appels à projets et les réorganisations spectaculaires, il faudrait peut-être déjà commencer par une exigence plus simple : permettre à l’université d’assurer correctement ses missions fondamentales, dans des conditions de travail, d’enseignement et de recherche dignes, stables et respectueuses des individus comme des règles collectives qui fondent le service public universitaire.